Psychologie du Soi : la confiance en soi


Etre confiant, c'est penser que l'on est capable d'agir de manière adéquate dans toute situation.
La confiance en soi se nourrit de toutes formes d'expériences mêmes celles négatives.
Dans un échec, ce qui compte c'est de comprendre pourquoi on s'est trompé et comment en tirer des leçons constructives.

On peut aisément associer confiance en soi et expérience (confiance en soi expérientielle).
D'ailleurs un manque d'expérience amène généralement un manque d'assurance (confiance en soi émoussée).

La confiance en soi est surtout utile dans des situations / contextes / environnements qui s'éloignent de l'ordinaire.
Il peut s'agir de situations peu familières, ambiguës, inédites, imprévues, etc...
Sur la base de notre expérience (passée et/ou présente), notre confiance en soi permet d'estimer une situation particulière.
La personne peut alors s'estimer capable ou non d'y faire face.
Estimer une situation équivaut également à anticiper ce qui pourrait advenir de cette situation.

La confiance en soi se met en place très jeune (durant la prime enfance).
Tout comme l'amour de soi est le pilier de l'estime de soi, le sentiment de sécurité (interne et physique) est le pilier de la confiance en soi.
L'enfant éprouve le besoin d'explorer son environnement sous le regard bienveillant des parents.
Il appartient aux parents de fixer des règles structurées (claires et précises) pour que l'enfant expérimente un sentiment de sécurité intérieure en situation d'exploration.
Si ces règles ne sont pas respectées par les parents ou que ces mêmes règles sont remises en cause sans raisons valables, alors l'enfant sera désorienté au point que cela peut restreindre son envie d'explorer tout espace nouveau.
Des règles de vie stables, régulières, compréhensibles doivent permettre à l'enfant d'explorer son environnement avec cohérence.
Les parents doivent garantir cette cohérence environnementale propice au développement d'un sentiment de confiance de base.

Par ailleurs, un enfant anxieux et/ou un parent (sur)protecteur peut inhiber l'envie naturelle de découvrir tout nouvel espace.
Moins l'enfant explore son environnement, plus il appréhendera (avec anxiété) de nouveaux espaces.

Une bonne confiance en soi doit reposer sur une compréhension réaliste de nos points forts et faibles.
Bien se connaître est donc un préalable.
En parallèle, plus nous aurons accumulé de l'expérience, plus la confiance en soi reposera sur une évaluation assez réaliste de nos forces et faiblesses.
Cette évaluation doit être validée, si possible, par une personne avisée afin objectiver la confiance en soi.
Lorsque notre expérience est validée par une tierce personne (ayant autorité pour le faire ou digne de confiance), la confiance en soi devient davantage l'expression de nos aptitudes.
Cela devient une sorte de certitude réaliste de posséder les aptitudes nécessaires pour répondre aux situations, aux événements qu'ils soient positifs ou négatifs de la vie.

En somme, c'est une sorte de conviction que nous sommes porteurs de certaines qualités et/ou défauts, de potentialités ou de limitations.
C'est le fait de se reconnaître des aptitudes (supposées ou avérées) avec ou sans l'approbation des autres.

Psychologie du Soi : l'estime de soi


Il existe actuellement plusieurs définitions concernant l'estime de soi.
Tantôt on la présente comme un concept global (méta-trait), tantôt comme une dimension unique.

Au tout début, le concept d'estime de soi était assez simple de compréhension, comme peuvent le montrer certaines définitions d'époque.
Aujourd'hui, l'ensemble des travaux (méta-analyses) sur l'estime de soi en font désormais un concept assez complexe.

Dès 1890, James tente d'en donner une définition : c'est le rapport entre ambitions / aspirations et les résultats / échecs.
Ce rapport est soit favorable au sujet (car le soi réel se rapproche du soi idéal) ou défavorable (lorsque le soi réel s'éloigne du soi idéal).
Selon James, pour maintenir une bonne estime, on pourrait soit privilégier notre "soi réel" en limitant nos prétentions, soit stimuler notre "soi idéal" en établissant des objectifs à atteindre.
Ainsi, plus la distance entre le soi réel et le soi idéal est grande, plus cela aurait tendance à ternir notre estime de soi.
Dans cette définition, James met l'accent essentiellement sur la dynamique intra-personnelle de l'estime de soi.

En 1902, Colley définit l'estime de soi comme une construction sociale, l'estime de soi serait déterminée socialement.
Pour Colley, c'est le regard des autres qui nous permettrait d'avoir une compréhension (de soi) selon ce que les autres pensent de nous.
L'accent est mis sur une dynamique sociale selon le principe du miroir social : le regard des autres serait porteur d'indications permettant au sujet de connaître l'opinion qu'ils ont de lui.
Cette opinion serait par la suite intégrée à la perception de soi (vision globale de soi).

Grâce à James et Colley, il est possible de décliner l'estime de soi en deux tendances auxquelles nous seront sensibles différemment selon que l'on privilégie la vie personnelle/privée ou la vie sociale/collective.

  Le miroir social de Cooley (1902) et Mead (1934)
  Eprouver un sentiment d'appartenance implique de se conformer aux exigences du miroir social.
  L'estime de soi est alors la perception de soi construite par l'intériorisation de l'opinion d'autrui à notre égard.
  L'individu vérifie que ses propres représentations normatives sont conformes aux conventions sociales d'une situation.
 
  La fierté personnelle (Coopersmith, 1967)
  Cherche à concrétiser une motivation intrinsèque ; l'individu entreprend pour et par "lui-même".
  L'estime de soi comme étant une évaluation individuelle de la divergence entre la perception du soi actuel et le soi idéal.
  Le soi idéal correspond à ce que l'on aimerait être et prend la forme d'une tendance virtuelle que l'on cherche à manifester.


Aujourd'hui, l'estime de soi se définie comme l'évaluation globale de la valeur de soi en tant que personne, cela se traduit par le degré de satisfaction ressenti vis à vis de soi-même (S.Harter,1998).

L'estime de soi peut être comprise comme une attitude intérieure qui reflète nos valeurs propres (passées, présentes et futures).
Vouloir améliorer notre estime de soi, c'est nécessairement devoir changer notre attitude intérieure en s'actualisant selon des critères porteurs (positifs et réalistes).
S'actualiser c'est permettre une perception de soi plus réaliste de nos aptitudes, de nos qualités.
Actualiser notre attitude intérieure va nous permettre alors d'établir une plus grande sécurité émotionnelle ainsi qu'une plus grande tolérance aux frustrations.

Certaines personnes se traitent comme si elles étaient leur propre ennemi !
Se traiter avec bienveillance doit être une nouvelle attitude intérieure.

Retenons bien à l'esprit que l'estime de soi est une attitude intérieure bien ancrée, basée sur notre perception de nous-mêmes (fierté personnelle) et celle que notre environnement nous reflète de nous (miroir social).


Estime de soi forte vs faible


Niveau faible d'estime de soi :

anxiété réactionnelle et trouble de l'adaptation
épisode dépressif ou dépressivité (fond dépressif)
dramatise l'échec, refus de l'échec
lecture négative ou défaitiste des événements 
ressent davantage d'affects négatifs (névrosisme)
sensible aux évaluations sociales

Manifestations possibles du manque d'estime de soi :
~ parler de ses faiblesses plutôt que de son potentiel
~ minimiser ses réussites
~ développer un sentiment d'insécurité
~ se dévaloriser par rapport aux autres
~ craindre la nouveauté, redouter l'échec
~ ne pas admettre ses fautes
~ faire moins d'efforts pour "se remonter le moral" après un revers
~ avoir recours aux stratégies de réparation les moins adaptées
~ adopter des attitudes peu productives : fatalisme, évitement de problèmes, anticipation négative
~ s'engager avec beaucoup de prudence et de réticence dans l'action
~ renoncer plus vite en cas de difficultés


Niveau élevé d'estime de soi :

image de soi autonome (affranchie du regard de l'autre)
dépend peu du contexte pour se décider
vision de soi claire et sûre
interprète les informations ambiguës en sa faveur
se rappelle davantage les moments favorables que défavorables
bon niveau de sociabilité

Une estime de soi élevée est souvent associée à des comportements plus adaptés :
~ recherche de soutien social
~ vision ou attente confiante en l'avenir
~ des capacités de remise en question
~ prend plus rapidement la décision d'agir
~ persévère davantage face à des obstacles
~ conscience de ses forces et de ses faiblesses
~ s'accepter tel que l'on est


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Dernière mise à jour :
Jeudi 27 Déceembre 2018