La confiance en soi


Etre confiant, c'est penser que l'on est capable d'agir de manière adéquate dans toute situation.
La confiance en soi se nourrit de toutes formes d'expériences mêmes celles négatives.
Dans un échec, ce qui compte c'est de comprendre pourquoi on s'est trompé et comment en tirer des leçons constructives.

On peut aisément associer confiance en soi et expérience (confiance en soi expérientielle).
D'ailleurs un manque d'expérience amène généralement un manque d'assurance (confiance en soi émoussée).

La confiance en soi est surtout utile dans des situations / contextes / environnements qui s'éloignent de l'ordinaire.
Il peut s'agir de situations peu familières, ambiguës, inédites, imprévues, etc...
Sur la base de notre expérience (passée et/ou présente), notre confiance en soi permet d'estimer une situation particulière.
La personne peut alors s'estimer capable ou non d'y faire face.
Estimer une situation équivaut également à anticiper ce qui pourrait advenir de cette situation.

La confiance en soi se met en place très jeune (durant la prime enfance).
Tout comme l'amour de soi est le pilier de l'estime de soi, le sentiment de sécurité (interne et physique) est le pilier de la confiance en soi.
L'enfant éprouve le besoin d'explorer son environnement sous le regard bienveillant des parents.
Il appartient aux parents de fixer des règles structurées (claires et précises) pour que l'enfant expérimente un sentiment de sécurité intérieure en situation d'exploration.
Si ces règles ne sont pas respectées par les parents ou que ces mêmes règles sont remises en cause sans raisons valables, alors l'enfant sera désorienté au point que cela peut restreindre son envie d'explorer tout espace nouveau.
Des règles de vie stables, régulières, compréhensibles doivent permettre à l'enfant d'explorer son environnement avec cohérence.
Les parents doivent garantir cette cohérence environnementale propice au développement d'un sentiment de confiance de base.

Par ailleurs, un enfant anxieux et/ou un parent (sur)protecteur peut inhiber l'envie naturelle de découvrir tout nouvel espace.
Moins l'enfant explore son environnement, plus il appréhendera (avec anxiété) de nouveaux espaces.

Une bonne confiance en soi doit reposer sur une compréhension réaliste de nos points forts et faibles.
Bien se connaître est donc un préalable.
En parallèle, plus nous aurons accumulé de l'expérience, plus la confiance en soi reposera sur une évaluation assez réaliste de nos forces et faiblesses.
Cette évaluation doit être validée, si possible, par une personne avisée afin objectiver la confiance en soi.
Lorsque notre expérience est validée par une tierce personne (ayant autorité pour le faire ou digne de confiance), la confiance en soi devient davantage l'expression de nos aptitudes.
Cela devient une sorte de certitude réaliste de posséder les aptitudes nécessaires pour répondre aux situations, aux événements qu'ils soient positifs ou négatifs de la vie.

En somme, c'est une sorte de conviction que nous sommes porteurs de certaines qualités et/ou défauts, de potentialités ou de limitations.
C'est le fait de se reconnaître des aptitudes (supposées ou avérées) avec ou sans l'approbation des autres.

L'estime de soi


Il existe actuellement plusieurs définitions concernant l'estime de soi.
Tantôt on la présente comme un concept global (méta-trait), tantôt comme une dimension unique.

Au tout début, le concept d'estime de soi était assez simple de compréhension, comme peuvent le montrer certaines définitions d'époque.
Aujourd'hui, l'ensemble des travaux (méta-analyses) sur l'estime de soi en font désormais un concept assez complexe.

Dès 1890, James tente d'en donner une définition : c'est le rapport entre ambitions / aspirations et les résultats / échecs.
Ce rapport est soit favorable au sujet (car le soi réel se rapproche du soi idéal) ou défavorable (lorsque le soi réel s'éloigne du soi idéal).
Selon James, pour maintenir une bonne estime, on pourrait soit privilégier notre "soi réel" en limitant nos prétentions, soit stimuler notre "soi idéal" en établissant des objectifs à atteindre.
Ainsi, plus la distance entre le soi réel et le soi idéal est grande, plus cela aurait tendance à ternir notre estime de soi.
Dans cette définition, James met l'accent essentiellement sur la dynamique intra-personnelle de l'estime de soi.

En 1902, Colley définit l'estime de soi comme une construction sociale, l'estime de soi serait déterminée socialement.
Pour Colley, c'est le regard des autres qui nous permettrait d'avoir une compréhension (de soi) selon ce que les autres pensent de nous.
L'accent est mis sur une dynamique sociale selon le principe du miroir social : le regard des autres serait porteur d'indications permettant au sujet de connaître l'opinion qu'ils ont de lui.
Cette opinion serait par la suite intégrée à la perception de soi (vision globale de soi).

Grâce à James et Colley, il est possible de décliner l'estime de soi en deux tendances auxquelles nous seront sensibles différemment selon que l'on privilégie la vie personnelle/privée ou la vie sociale/collective.

  Le miroir social de Cooley (1902) et Mead (1934)
  Eprouver un sentiment d'appartenance implique de se conformer aux exigences du miroir social.
  L'estime de soi est alors la perception de soi construite par l'intériorisation de l'opinion d'autrui à notre égard.
  L'individu vérifie que ses propres représentations normatives sont conformes aux conventions sociales d'une situation.
 
  La fierté personnelle (Coopersmith, 1967)
  Cherche à concrétiser une motivation intrinsèque ; l'individu entreprend pour et par "lui-même".
  L'estime de soi comme étant une évaluation individuelle de la divergence entre la perception du soi actuel et le soi idéal.
  Le soi idéal correspond à ce que l'on aimerait être et prend la forme d'une tendance virtuelle que l'on cherche à manifester.


Aujourd'hui, l'estime de soi se définie comme l'évaluation globale de la valeur de soi en tant que personne, cela se traduit par le degré de satisfaction ressenti vis à vis de soi-même (S.Harter,1998).

L'estime de soi peut être comprise comme une attitude intérieure qui reflète nos valeurs propres (passées, présentes et futures).
Vouloir améliorer notre estime de soi, c'est nécessairement devoir changer notre attitude intérieure en s'actualisant selon des critères porteurs (positifs et réalistes).
S'actualiser c'est permettre une perception de soi plus réaliste de nos aptitudes, de nos qualités.
Actualiser notre attitude intérieure va nous permettre alors d'établir une plus grande sécurité émotionnelle ainsi qu'une plus grande tolérance aux frustrations.

Certaines personnes se traitent comme si elles étaient leur propre ennemi !
Se traiter avec bienveillance doit être une nouvelle attitude intérieure.

Retenons bien à l'esprit que l'estime de soi est une attitude intérieure bien ancrée, basée sur notre perception de nous-mêmes (fierté personnelle) et celle que notre environnement nous reflète de nous (miroir social).


Estime de soi forte vs faible


Niveau faible d'estime de soi :

anxiété réactionnelle et trouble de l'adaptation
épisode dépressif ou dépressivité (fond dépressif)
dramatise l'échec, refus de l'échec
lecture négative ou défaitiste des événements 
ressent davantage d'affects négatifs (névrosisme)
sensible aux évaluations sociales

Manifestations possibles du manque d'estime de soi :
~ parler de ses faiblesses plutôt que de son potentiel
~ minimiser ses réussites
~ développer un sentiment d'insécurité
~ se dévaloriser par rapport aux autres
~ craindre la nouveauté, redouter l'échec
~ ne pas admettre ses fautes
~ faire moins d'efforts pour "se remonter le moral" après un revers
~ avoir recours aux stratégies de réparation les moins adaptées
~ adopter des attitudes peu productives : fatalisme, évitement de problèmes, anticipation négative
~ s'engager avec beaucoup de prudence et de réticence dans l'action
~ renoncer plus vite en cas de difficultés


Niveau élevé d'estime de soi :

image de soi autonome (affranchie du regard de l'autre)
dépend peu du contexte pour se décider
vision de soi claire et sûre
interprète les informations ambiguës en sa faveur
se rappelle davantage les moments favorables que défavorables
bon niveau de sociabilité

Une estime de soi élevée est souvent associée à des comportements plus adaptés :
~ recherche de soutien social
~ vision ou attente confiante en l'avenir
~ des capacités de remise en question
~ prend plus rapidement la décision d'agir
~ persévère davantage face à des obstacles
~ conscience de ses forces et de ses faiblesses
~ s'accepter tel que l'on est

Psychologie optimale & maximale


S'inspire de la psychologie positive qui se décline en psychologie optimale et maximale.
Elle se consacre à mettre en place une spirale psychologique ascendante


Psychologie optimale


  Distinguo entre le bien-être subjectif et psychologique

~ Bien-être subjectif :

C'est un bien-être qui se caractérise par l'expérience fréquente d'affects positifs (joie, gratitude, contentement ; notamment le plaisir !), d'un faible degré d'affects négatifs et d'un sentiment de satisfaction par rapport à la vie.

La présence d'affects positifs tels que le plaisir amène à considérer ce bien-être subjectif comme étant de nature "hédonique".
Il semblerait que le bien-être subjectif soit sensible aux aléas de la vie car elle aurait tendance à diminuer suite à l'expérience de la frustration.
 
Pour approfondir l'évaluation portant sur la notion de bien-être subjectif, cette dernière peut être décomposée de la manière suivante :
• composante cognitive du bien-être subjectif (évaluation via l'échelle de Diener)
• composante affective : échelle de mesure des émotions négatives et positives (évaluation via l'échelle PANAS)


~ Bien-être psychologique :

C'est un bien-être qui est directement lié à la notion de bonheur (plutôt que de plaisir) ; ce type de bien-être est orienté vers une perspective existentielle (acceptation de soi, sentiment d'autonomie, degré d'épanouissement personnel, sentiment de maîtrise de son environnement, la vie ayant du sens). Si le bien-être subjectif est qualifié de "bien-être "hédoniste", le bien-être psychologique est qualifié de bien-être "eudémonique".
 
Les déterminants du bien-être psychologique sont :
* une vie plaisante (émotions positives)
* une vie engagée (implication personnelle)
* une vie pleine de sens (le sens de ses actions)


On peut avoir un score élevé sur la mesure de bien-être subjectif et avoir un score faible mesurant le bien-être psychologique.
Un score score élevé en bien-être psychologique est lié à l'épanouissement personnel et au sentiment que sa propre vie ait du sens (associé à un niveau élevé d'émotions positives)
A contrario, un faible niveau de bien-être psychologique prédit l'apparition d'affects négatifs et fait partie des facteurs de risque de dépression.

Ryff (1989) a conçu un questionnaire qui évalue 6 dimensions du bien-être psychologique :
• L'autonomie
• La compétence
• La croissance personnelle
• Les relations positives avec autrui
• Le sens à la vie
• L'acceptation de soi


On parle aussi de bien-être "global" qui se compose de trois facettes :

~ composante cognitive : satisfaction par rapport à sa vie
~ composante affective : quantité d'affects positifs supérieurs aux affects négatifs
~ dimension de réalisation de soi : engagement dans des activités qui ont du sens pour soi

Enfin, il y a le concept de soi en matière de centration / décentration de soi.
Le concept de soi aurait tendance à orienter un individu vers un type de bien-être plutôt que l'autre, selon qu'il y aurait "centration" ou "décentration" de soi.

~ Fonctionnement du "soi-centré" (self-centeredness) caractérisé par une importance exagérée donnée à soi et à ses intérêts personnels (représentation d'un soi faiblement connecté à autrui) ; ce style de fonctionnement est corrélé à la quête hédonique (proche du bien-être subjectif).
~ Fonctionnement du "soi-décentré" (selflessness) caractérisé par une décentration de soi qui se manifeste par un sentiment de connexion forte avec son environnement; il est lié à l'altruisme, la bienveillance, l'empathie et la compassion (proche du bien-être psychologique).

La propension à adopter un style de fonctionnement (soi centré vs décentré) serait dépendante de plusieurs critères tels que :
• la culture
• le style d'éducation parental et scolaire
• les rôles sociaux
• l'environnement professionnel
• la pratique religieuse et les croyances spirituelles

En somme, une vie heureuse implique qu'elle soit source de plaisir, qu'elle est du sens et que l'individu se sente engagé.

L'échelle d'orientation vers le bonheur :
• Dimension " plaisir " (orientation hédonique)
• Dimension " sens " (orientation eudémonique)
• Dimension " engagement " (notion de flux)


La recherche de sens

Certaines personnes sont sensibles au fait de trouver un sens à leur existence.
Il semblerait que l'impossibilité de donner du sens à sa vie entraîne un mal-être (avec le risque de voir apparaître des troubles anxieux et dépressifs).
Lorsqu'une personne a le sentiment ou l'impression d'avoir trouvé une voie porteuse de sens, il ressent davantage de satisfaction dans sa vie.

Ainsi, beaucoup de personnes sont en demande d'une augmentation du sens de la vie !

Généralement, la majorité des gens trouvent du sens essentiellement au travers de trois dimensions :

~ La dimension affective et relationnelle (en particulier l'amour, l'amitié et la parentalité)
  Les relations interpersonnelles à travers des relations positives impactent favorablement la vie au quotidien.

~ La dimension cognitive (comprend les croyances, la philosophie de vie et les valeurs)
  ici, le sens est constitué de réflexions philosophiques , de valeurs personnelles ou encore de la démarche spirituelle.
  Les valeurs se construisent au travers de l'éducation, d'expériences personnelles, et se regroupent parfois en une philosophie de vie.
  La dimension cognitive permet d'établir une cohérence entre ses valeurs et ses actions.

~ La dimension comportementale (telle que l'engagement dans une activité en lien avec ses valeurs)


Psychologie maximale


~ L'autodétermination est un concept propre au modèle psycho-bio-social de Cloninger.
Il s'agit de la capacité à s'adapter et à entreprendre en accord avec ses propres orientations personnelles.
Lorsque cette aptitude atteint un certain niveau d'efficience, on parle alors de maturité personnelle.

L'autodétermination est définie comme l'aptitude d'un individu à contrôler, réguler et adapter ses comportements (selon une direction choisie) pour faire face à une situation en accord avec ses valeurs et ses orientations personnelles.
C'est aussi la faculté qu'a le sujet à mettre tout en oeuvre dans l'accomplissement d'une tâche en accord étroit avec ses buts intrinsèques et ses valeurs fondamentales. 

Concrètement, c'est la manière dont le sujet s'identifie comme un individu autonome et perçoit ses capacités à modifier son comportement pour être en accord avec ses objectifs et principes de vie.
La détermination (self-directedness), est définie comme étant une acceptation de ses propres responsabilités, une identification des buts individuels, un développement d'habiletés de résolution de problème, une discipline et une acceptation de soi.
Toutes ces dimensions sont acquises et évolutives.


Détermination élevée:

Un score élevé décrit une personne qui a développé de bonnes habitudes de comportement en accord avec ses objectifs et principes de vie. Elle ne perd pas de vue ses objectifs principaux et ne succombent pas à la tentation de dévier de sa route.


Détermination faible:

~ Irresponsabilité : fait porter la responsabilité de la plupart de ses problèmes personnels sur autrui ou sur les circonstances.
Cela tend à décrire des personnes qui tendent à blâmer les autres et les circonstances externes pour ce qui leur arrive.
Elles pensent que leurs attitudes, comportements et problèmes sont le fruit d'influences extérieures et indépendantes de leur volonté et n'en assument pas la responsabilité.
~ Pauvreté d'objectifs : manque de but dans la vie, ou considère que la vie n'a pas de sens
~ Sentiment d'incapacité : se sent incompétent ou manque de ressources individuelles
~ Mauvaise acceptation de soi : se sent honteux ou coupable lorsque leurs fautes sont révélées
~ Mauvais contrôle des pulsions : manque de contrôle de soi ou de capacité à différer une satisfaction immédiate

Cela décrit des personnes dont les habitudes ne correspondent pas à leurs objectifs de vie ou qui n'apprennent pas de leurs erreurs.

Nota Bene :

La dimension de l'auto-détermination (issue du modèle psycho-bio-social de Cloninger) ne doit pas être confondue avec la théorie de l'autodétermination (Deci & Ryan, 1985) qui évalue le sentiment d'accomplissement personnel !


Autres points abordés :

Sentiment de contrôle : c'est le fait de croire que, grâce à nos capacités et nos actions, nous pouvons agir, au moins en partie, sur ce qui nous arrive, et que tout n'est pas sous le contrôle d'éléments extérieurs (ex : contrôler son véhicule).

Auto-efficacité (Bandura) : c'est la croyance en sa capacité à mobiliser les ressources nécessaires pour maîtriser certaines situations afin de mener à terme son initiative (ex : réussir un examen).

Sens de la cohérence (Antonovsky) : l'individu perçoit les évènements extérieurs comme "compréhensibles", c'est-à-dire chargés de sens car l'individu a besoin de comprendre ce qui lui arrive (ex : accident, maladie).

Inventaire des états émotionnels


Texte référent : PSYCHOLOGIE DES EMOTIONS ET DES SENTIMENTS ; Jacques COSNIER, 2006

http://www.icar.cnrs.fr/pageperso/jcosnier/articles/Emotions_et_sentiments.pdf


Il y a d'un coté les émotions basales ou primaires qui sont généralement des réactions phasiques (la colère, la joie, la peur, etc ainsi que l'émotivité) et les affects qui sont des états toniques (les sentiments, les humeurs, les motivations).

Les émotions de base durent quelques secondes à quelques minutes d'où leur caractère relativement bref contrairement à leurs expériences subjectives (affects) qui tendent à se prolonger avec un certain maintien dans le temps.

Trois composantes forment la classique triade émotionnelle qui caractérise chaque émotion.
~ les  éprouvés subjectifs (affects)
~ les expressions comportementales
~ les manifestations physiologiques

Entre les émotions physiologiques et les affects psychiques, il y a des états émotionnels intermédiaires : les épisodes émotionnels.

Les "épisodes émotionnels" sont des émotions rémanentes.
Les émotions basales sont temporairement maintenues car soutenues en fonction des circonstances événementielles ou des manifestations sociales  telles que mariage, carnaval, commémorations, compétitions sportives etc…
L'état émotionnel commence souvent dans l'anticipation de l'événement, subit son apogée durant l'événement et persiste un temps plus ou moins long.
La rumination mentale est une autre forme d'émotion rémanente ;  il y a un mouvement intrusif de pensées, images mentales ou souvenirs liés à un événement émotionnel passé.

Les "humeurs" sont des états affectifs.
Elles constituent une sorte d'arrière plan plus ou moins durable, imprégnant positivement/négativement notre vision, attitude ou comportement au quotidien.
Les "affects" ou éprouvés affectifs sont les faces subjectives des états précédents. (ex : l'appréhension, l'euphorie, l'irritation),

Les "Affects" : sont des éprouvés affectifs.
Ils sont les faces subjectives des états émotionnels qui concernent aussi bien les émotions basales que les sentiments.
Le sentiment se construit dans la durée tandis que l'affect est vécu de façon ponctuelle dans l'instant.

Les "sentiments" sont des attitudes émotionnelles.
Ils se distinguent des épisodes émotionnels par leurs causes plus complexes, par leur durée plus longue ("tonique"), et leur intensité plus basse.
Une fixation affective explique leur caractère persistant.
Les sentiments excessifs constituent les "passions".

Psycho-éducation de l'anxiété

       

L'anxiété  : symptômes réactionnels vs fonction adaptative ?  !


Il faut préciser qu'il existe une anxiété normale (au vertu adaptative) qui ne doit pas être confondue avec l'anxiété excessive.

C'est pourquoi il est possible de décliner l'anxiété tantôt comme un symptôme tantôt comme une fonction adaptative.
En tant que symptôme, elle peut être l'expression d'un trop plein d'anxiété ou d'une anxiété excessive !
En tant que fonction, l'anxiété est comparable à un système d'alarme qui revêt le plus souvent un caractère adaptatif.

La spécificité de l'anxiété adaptative est d'être sensible aux "dangers potentiels".
L'anxiété adaptative tend à surestimer intentionnellement la dangerosité d'une menace afin d'anticiper l'événement.
Sa devise est : Mieux vaut prévenir que guérir.
Si l'individu sur-réagit à la situation au point qu'elle en devienne excessive, on peut parler d'anxiété dysfonctionnelle ou contre-adaptative !

Parfois l'anxiété persiste sans raison apparente, se manifeste sous différentes formes et entrave le fonctionnement de la personne concernée.
L'anxiété est considérée comme anormale quand elle n'est rattachée à aucune cause évidente ou identifiable, quand elle devient chronique et a un retentissement dans la vie du sujet (souffrance subjective, handicap social et professionnel).
Lorsque l'anxiété atteint une intensité telle qu'elle entrave la vie quotidienne du patient, qu'elle échappe au contrôle, nous parlons d'anxiété pathologique.       


Vulnérabilité anxieuse / Cognition anxieuse


o Personnalité anxieuse (prédisposition naturelle)
    ~ anxiété trait ( Spielberger)
    ~ évitement du danger (Cloninger)
    ~ tempérament anxieux (Akiskal)

o Le mode anxieux
  ~ le préoccupé : l'esprit est tourné vers le futur appréhendé négativement ; cela génère du souci.
  ~ l'inquiet : ressent un signal de danger mais n'en connaît pas clairement l'origine ; cela crée une tension interne.
  ~ le craintif : est constamment sur le qui-vive ; cela suscite de l'hypervigilance permanente.

  L'anxiété peut s'exprimer à différents niveaux :
  ~ dimension cognitive : schémas anxieux ; difficultés de concentration et d'attention, troubles de la mémoire.
  ~ dimension émotionnelle : inquiétude, souci, tracas ; retrait affectif, irritabilité, agressivité.
  ~ dimension somatique : céphalée, douleur musculaire, sensations de tension, trouble fonctionnel (digestif, etc.)
  ~ dimension comportemental : inhibition sociale, isolement ; opposition, abus de médicaments ou de toxiques


(Auto)-évaluation de l'anxiété (questionnaire, échelle)


• pôle somatique : attitude, troubles neurovégétatifs, douleurs ;
• pôle relationnel : tension interne, appréhension, difficultés de contact ;
• pôle cognitif : concentration, lassitude, doute-indécision ;
• pôle vigilance : troubles sensoriels, irritabilité, troubles du sommeil.

L'anxiété généralisée


Croyances associées au trouble d'anxiété généralisée               


L'intolérance à l'incertitude     
         
Le refus de l'incertitude                                                               
L'incertitude donne une mauvaise image de soi                                                               
La frustration liée aux situations ambiguës                                                               
L'incertitude produit un stress                                                               
L'incertitude paralyse l'action     
                                                       
Lien : https://uqo.ca/sites/default/files/fichiers-uqo/anxiete/eii.pdf
                                                               
Croyances à l'égard des inquiétudes     
         
1. S'inquiéter aide à résoudre les problèmes
2. S'inquiéter aide à se motiver
3. S'inquiéter aide l'individu à se prémunir de vivre des émotions difficiles si un événement s'avère négatif
4. S'inquiéter en soi prévient les événements négatifs
5. S'inquiéter est un trait de personnalité positif                                                             
             
Lien : https://uqo.ca/sites/default/files/fichiers-uqo/anxiete/psi-ii.pdf
                               

L'évitement cognitif       
                     
Substitution de pensées
Transformation des images en pensées
Distraction
Évitement des stimuli menaçants
Suppression de pensées

Lien : https://uqo.ca/sites/default/files/fichiers-uqo/anxiete/qec.pdf                     


L'attitude négative à l'égard des problèmes 

Lien : http://www.aftcc.org/sites/default/files/tests/questionnaire_dattitudes_face_aux_problemes_0.pdf

Echelle d'évaluation cognitive (des événements : défi vs menace)

Lien : https://irist.fr/docs/ECE%20compl%c3%a8te.pdf

Echelle de désespoir de Beck

Lien : http://www.lab-epsylon.fr/upload/Inventaire_de_Desespoir_de_Beck__1992_.pdf

Le  stress


          Un état de stress résulte quasiment d'un écart entre ce que nous pouvons tolérer émotionnellement
          et les exigences d'une situation qui outrepassent nos propres ressources personnelles d'adaptation.
          Plus cet écart s'agrandit, plus nous subissons une tension interne qui devient à terme insupportable.

          Des efforts seront alors entrepris en vue de ramener cette tension à un niveau acceptable.
          Cet état de tension devient un stress effectif lorsque un enjeu est impliqué dans la situation.
          Le stress peut évoluer vers une détresse émotionnelle lorsque notre bien-être psychologique
          s'en trouve affecté durablement.


          Nos ressources psychologiques sont principalement mentale et comportementale.
          Elles aident à maintenir un état de tension émotionnelle  "tolérable" et préserve en parallèle notre sentiment de bien-être.

          Notre perception du stress dépend principalement de nos dispositions psychologiques et des contingences externes.
          Lorsque nous parlons de dispositions psychologiques, il s'agit de celles qui conditionnent notre perception subjective
          du stress :

          *  Nos croyances (sur soi, sur le monde) notamment celle qui implique la capacité de "contrôler" ou de gérer
              un événement ; on parle alors de sentiment de contrôle perçu sur la situation plutôt que de croyance.
           
          *  Notre sentiment d'auto-efficacité personnelle : il s'agit de la confiance en ses propres capacités d'action.

          *  Notre endurance (hardiness) face aux exigences externes; c'est une forme de maîtrise personnelle orientée
              vers le défi et l'accomplissement de soi.

          *  Notre anxiété généralisée; elle renvoie à une composante stable (anxiété-trait) ou temporaire (anxiété-état)
              de notre personnalité.
              L'anxiété nous amène à percevoir les situations stressantes comme potentiellement menaçantes ; 
              le caractère nouveau et ambiguë d'une situation accentue le caractère menaçant.
     
          *  Notre profil comportemental : il en existe trois (les types A, B et C).
              Le profil de type A s'inspire du challenge et d'un intérêt pour l'action en adoptant un comportement à tendance agressive.
              Le profil de type C se situe à l'opposé, favorisant la détresse émotionnelle ; le type B est un profil équilibré.

          *  Notre estime de Soi conditionne également notre perception de l'enjeu vers le défi ou la menace.
              Une bonne estime de soi oriente la perception de l'enjeu vers le défi.
              A l'inverse; une faible estime de soi amène à considérer l'enjeu comme une menace.

Le Coping : Ajustement Emotionnel



          Le coping est une régulation (ajustement) de l'état émotionnel (tension psychologique et/ou détresse émotionnelle).

          Le coping classique offre trois modalités d'adaptation :
          * en opérant sur le problème en tant que cause (Stratégie centrée sur le problème)
          * en modulant l'état émotionnel en tant que conséquence (Stratégie centrée sur l'émotion)
          * en s'appuyant sur un réseau relationnel d'aide et de soutien (Stratégie de recherche de soutien social)


          * Stratégies d'adaptation active (coping vigilant) :

            ~ recherche d'information
            ~ plan d'action pour résoudre le problème
            ~ réduire les exigences de la situation
            ~ augmenter ses propres ressources

            * réduit l'anxiété et la détresse psychologique
            * améliore l'humeur et l'estime de soi
            * protège de la dépression
            * atténue les troubles stress post-traumatiques
            * sollicite durablement le sentiment de contrôle perçu
         

          * Stratégies d'adaptation passive (coping évitant) :

            ~ comportement d'évitement ou de fuite
            ~ boire, manger, fumer, prise de médicaments
            ~ activité de substitution comportementale ou cognitive (sport, jeux, relaxation, loisir)
            ~ altérer la signification subjective de l'événement (exagérer les aspects positifs, minimiser les aspects négatifs)
            ~ réévaluation positive (transforme la menace en défi ou en quel que chose de positif)
            ~ auto-accusation; dérision 

            * maintien l'anxiété
            * peu efficace pour réduire la détresse psychologique
            * contribue au stress chronique
            * entrave l'accomplissement personnel
            * prédispose aux rechutes (addictions)
           

          * Recherche du soutien social :

            ~ accepter la sympathie et la compréhension de quelqu'un
            ~ essayer de ne pas s'isoler
            ~ solliciter l'aide d'un professionnel
            ~ demander conseil, une guidance

            * augmente la contrôlabilité perçue


            Echelles de mesure du coping :

          * (Lazarus et folkman, 1984) : The Ways of Coping Check-list ; 68 items en 8 sous-échelles :

          Deux coping centrés sur le problème :
              Résolution du problème dont la recherche d'information
              Esprit combatif ; acceptation de la confrontation

          Six coping centrés sur l'émotion :
              Minimisation des menaces ; prise de distance
              Réévaluation positive
              Auto-accusation
              Fuite-évitement
              Recherche d'un soutien social
              Maîtrise de soi

          * W.C.C. (Cousson & al, 1996); publiée dans "Psychologie Française"
              Coping centré sur le problème
              Coping centré sur l'émotion ou sur la détresse émotionnelle


          http://www.irepspdl.org/_docs/Fichier/2015/2-150316040214.pdf
          http://fulltext.bdsp.ehesp.fr/Rsi/67/4.pdf?8Q901-03W8J-90113-88Q97-11348
          https://listes.u-picardie.fr/wws/d_read/d.e.s.psychiatrie/Staffs%20CHPP/Bibliographie/Hartmann%20coping.pdf
          https://www.y2cp.com/ressources/publications/articles/clinique/stress/Ameliorer-ses-strategies-de-coping.pdf


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DI ROSA Raymond

Dernière mise à jour :
Lundi 27 Mai 2019