Introduction


* c'est une forme de thérapie limitée dans le temps (quatre consultations en moyenne)
* elle met l'accent sur une difficulté actuelle (existant déjà sous la forme d'une problématique bien claire !)
* les individus sont pris en compte dans leur globalité (environnementale / relationnelle) et singularité (vision du monde / de soi / des autres)

* la thérapie brève nécessite une collaboration étroite entre le psychologue et le patient.
* elle sollicite une participation active du patient.
* une stratégie est mise en place qui consiste en un recadrage positif du problème.
* elle évalue périodiquement la progression de la thérapie afin de modifier, s'il y a lieu, les objectifs à atteindre.
* elle procède à une segmentation de la difficulté, en classant les étapes à affronter.

* elle est une approche psychologique pragmatique
* elle met en lumière des comportements/conduites inadaptés ou dysfonctionnels
* elle permet d'expérimenter ses propres capacités à résoudre le problème
* elle permet de comprendre nos difficultés actuelles


Pédagogie thérapeutique

Les qualités thérapeutiques requises pour entreprendre et réussir une thérapie brève :
~ pouvoir repérer/identifier le problème (capacité à conscientiser)
~ savoir mettre en forme/en perspective le problème (capacité à mentaliser)
~ pressentir (via l'introspection, la guidance, etc.) quelle est la clé au problème (capacité d'insight)
~ bien se cerner soi-même à partir de schémas de soi existants  (capacité d'introspection)


Pragmatisme thérapeutique


Approche adaptative

  L'objectif premier est de rétablir la fonctionnalité psychologique au détriment d'une gestion de la détresse psychologique
  qui reste un objectif secondaire.
                 
  En effet, cette détresse psychologique est généralement la conséquence d'un dysfonctionnement psychologique partiel
  et/ou transitoire ; c'est pourquoi nous parlons de troubles psychologiques secondaires.

  Il s'agit de troubles réactionnelles qui sont généralement l'expression de stratégies d'auto-régulation et/ou d'adaptation
  peu efficaces voire complètement dépassées !
  Cela occasionne à terme anxiété, angoisse, déprime, période de doute, stress aigu.
  Grâce à une approche préventive et adaptative, au fur et à mesure que le patient s'actualise, les troubles psychologiques
  secondaires vont s'apaiser.

Analyse fonctionnelle & Stratégie psychologique


* L'analyse fonctionnelle constitue la première phase de la thérapie brève.

Cela consiste en un " inventaire psychologique " notamment un repérage des dispositions psychologiques (innées et acquises) à partir desquelles le changement pourra se faire.
Les dispositions innées sont principalement des tendances psychologiques (aussi bien positives que négatives) qui peuvent tantôt entraver la capacité d'adaptation (via des traits pathogènes : dépressivité, anxiété-trait, affectivité négative), tantôt la renforcer (via des traits immunogènes : optimisme, robustesse psychologique, etc.).

Par exemple, l'anxiété-trait est une propension/tendance générale à percevoir les situations aversives comme menaçantes.
L'affectivité négative, quant à elle, est identifiée comme un facteur de vulnérabilité à la détresse émotionnelle.

Celles acquises, comme l'estime de soi et les processus d'évaluation cognitive, peuvent jouer le rôle de facilitateur d'adaptation.
Elles font généralement tampon entre les traits de personnalité problématiques et les réactions dysfonctionnelles qui en découlent directement.

L'inventaire psychologique prend en compte également l'usage des stratégies fonctionnelles (adaptatives) ainsi que celles dysfonctionnelles (mal-adaptées car désuètes, obsolètes, dépassées).

Exemples de stratégies fonctionnelles
• L'acceptation du problème (ne pas confondre avec la résignation !)
• Le lâcher-prise
• La résolution de problèmes

Exemples de stratégies dysfonctionnelles
• Le mode défensif
• La fuite en avant
• La pensée en mode " tout ou rien "
• etc.


* La stratégie méthodologique constitue la seconde phase de la thérapie brève.

Cela consiste en la mise en place d'un plan d'action qui va prendre en compte divers paramètres tels que :
* d'agir en amont ou en aval du problème,
* de procéder de façon linéaire ou globale pour traiter le problème,
* de faire intervenir ou non les proches,
* d'insister ou non sur une psycho-éducation,
* de recourir ou pas à des techniques d'évaluation,
* etc..

La stratégie méthodologique se fonde sur plusieurs hypothèses explicatives concernant les caractéristiques du problème qui seront vérifiées au fur et à mesure des avancées thérapeutiques.
Une stratégie psychologique est donc évolutive selon les progrès et les difficultés rencontrés et s'affine avec le temps pour gagner en efficacité.

Gestion adaptative

                                                                               

La gestion adaptative


Elle vise avant tout un ajustement psychologique à l'origine du processus d'adaptation.
Pour se faire, elle va solliciter rapidement les facteurs de résilience psychologiques (déjà existantes) qui vont s'opposer aux vulnérabilités psychologiques.
L'ajustement implique donc de solliciter au mieux ses propres ressources psychologiques adaptatives (principe du "déjà là") avec un minimum de changement en soi; c'est pourquoi on parle d'adaptation (action psychologique) et non pas de remaniement (action thérapeutique).
Parmi les ressources psychologiques adaptatives, certaines sont qualifiées de facteurs protecteurs car elles permettent de compenser certaines vulnérabilités psychologiques; d'autres ressources participent, quant à elles, à faciliter le processus d'adaptation.

Concrètement, la thérapie brève sollicite aussi bien les stratégies fonctionnelles (qui seront renforcées ou optimisées) que les stratégies dysfonctionnelles (qui seront remises en cause ou confinées).

Ressources psychologiques mobilisables en thérapie brève : (qui diffèrent grandement d'un patient à l'autre !)
~ confiance & estime de soi  (facilitateur)
~ le sentiment de contrôle  (facteur protecteur)
~ le sentiment d'efficacité personnelle  (facteur protecteur)
~ le besoin de cognitions (aimer penser complexe)  (facilitateur)
~ sens de l'abnégation  (facilitateur)
~ motivation intrinsèque  (facteur protecteur)
~ capacité à se projeter  (facilitateur)
~ aptitude à la résolution de problème  (facilitateur)
~ capacité d'insight ou d'introspection  (facteur protecteur)
~ etc.

Il existe, en parallèle, différentes approches complémentaires susceptibles de favoriser également l'ajustement psychologique telles que :
~ la restructuration cognitive (capacité de penser ou de voir les choses autrement)
~ la psychologie positive (renforcement & optimisation psychologique)
~ la guidance personnelle (recentrage sur soi; tendance actualisante)                                                                       


Enfin, la stratégie adaptative cherche à mobiliser tout potentiel de résilience susceptible de renforcer les capacités d'adaptation ; voici certains facteurs de résilience pouvant être mobilisés :
o L'endurance psychologique ou robustesse (hardiness) en tant que capacité à résister aux effets négatifs du stress.
o Le recours aux émotions positives.
o L'aptitude cognitive en tant que capacité de compréhension et d'analyse des situations, de capacité d'attention et de concentration.
o L'optimisme de trait : c'est attendre des choses positives auxquelles on s'évertue à donner forme.

On parle de thérapie progrédiente (à visée adaptative) dès lors que l'on exploite concrètement une marge de progression disponible ; les progrès se feront alors en misant sur une potentialité latente en matière de résilience.


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DI ROSA Raymond

Dernière mise à jour :
Jeudi 27 Déceembre 2018